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La Plume Boissiéroise
LE MOT QUI PLAIT
LES MOTS QUI TAISENT LES MAUX
 

100 VOIX POUR SANS VOIX

 

Comme on dit son amour, de maux en mots chéris

En entendant ta voix, le passé resurgit…

Nos voix sont des silences, nos silences des cris,

Ta voix s’est effacée,  notre Amour a grandi…

 

Voyager dans le rêve, c’est aussi du plaisir…

Où est partie ta langue ? La mienne vaut deux pour dire…

Il est des voix cassées qui parfois font sourire,

X, Y, Z, enfin… C’est aussi du désir…

 

Pour t’entendre parler, je suis dev’nue tout’ ouïe

Où est passé ton rire ? Un sourire suffit,

Un signe, une caresse comme au mieux de nos nuits…

Rien n’est plus enivrant que de vivre une vie…

 

Sur les marches du temps il fallait reconstruire,

Avec toi c’est bien mieux notre couple respire…

Nos nuits jouaient des tours, j’ai vu l’ressort partir

Sur les draps du silence, ta voix se dévêtir…

 

V de Vous, haine de Nous, demain c’est aujourd’hui,

O de Vous, Eau de Nous, la source de nos envies

I de Toi, I d’émoi, notre Avenir s’écrit   

X, fin de voix nous ouvre l’infini…

 

5 juillet 2012  ©Copyright Atelier écriture "La Plume Boissiéroise" "Les Mutilés de la Voix 85"

100 VOIX POUR SANS VOIX
Vign_DESSIN
La Lionne et l’Ourse

 

Mère Lionne avait perdu son fan.
Un chasseur l'avait pris. La pauvre infortunée
Poussait un tel rugissement
Que toute la Forêt était importunée.
La nuit ni son obscurité,
Son silence et ses autres charmes,
De la Reine des bois n'arrêtait les vacarmes
Nul animal n'était du sommeil visité.
L'Ourse enfin lui dit : Ma commère,
Un mot sans plus ; tous les enfants
Qui sont passés entre vos dents
N'avaient-ils ni père ni mère ?
- Ils en avaient. - S'il est ainsi,
Et qu'aucun de leur mort n'ait nos têtes rompues,
Si tant de mères se sont tues,
Que ne vous taisez-vous aussi ?
- Moi me taire ! Moi, malheureuse !
Ah j'ai perdu mon fils ! Il me faudra traîner
Une vieillesse douloureuse !
- Dites-moi, qui vous force à vous y condamner ?
- Hélas ! C’est le Destin qui me hait. Ces paroles
Ont été de tout temps en la bouche de tous.
Misérables humains, ceci s'adresse à vous :
Je n'entends résonner que des plaintes frivoles.
Quiconque en pareil cas se croit haï des Cieux,
Qu'il considère Hécube, il rendra grâce aux Dieux.


Jean de La Fontaine "Fable XII, Livre X"

SLAM
Vign_IMGP3422
SLAM

 


Je m’ souviens de ta voix

Je me souviens de toi

Tu m’parlais, j’te revois

Tu m’ disais : « j’les tutoie

Tous ces gens sans émoi

Ces requins, ces putois

Ces riches qui s’apitoient

Sur leur lit de surmoi… »

 

J’ t entendais, j’ marchais vite

Aujourd’hui ça m’excite

D’ t’approcher mine confite

Et  combler l’ déficit

Des caresses que  j’suscite,

Pour que mon cœur palpite

De ces mots qu’  tu récites

Sans sanglots, sans redite
 
Vign_IMGP3424
TU PEUX BIEN CROIRE…

 

Tu peux m’laisser pour demeuré

Handicapé, pauvre taré

Tu peux bien croire qu’j’suis pas verni

Que mes neurones n’sont pas finis…

Moi, j’voudrais t’dire que j’ai d’la chance,

J’n’ai pas comme toi l’mal d’existence…

 

Tu peux m’laisser les yeux crevés

Handicapé, mal achevé

Tu peux bien croire qu’j’suis l’ennui

Que je n’vois rien même pas la nuit

Moi, j’voudrais t’dire que j’ai d’la chance,

J’n’ai pas comme toi l’mal d’espérance…

 

Tu peux m’laisser l’oreille coupée

Handicapé, appareillé

Tu peux bien croire qu’j’suis sans ouïe

Que j’n’entends rien, ni non ni oui…

Moi, j’voudrais t’dire que j’ai d’la chance,

J’n’ai pas comme toi l’mal du silence…

 

Tu peux m’laisser p’tit tronçonné

Handicapé, tout gangrené

Tu peux bien croire qu’j’suis occis

Que j’ai des pattes au raccourci…

Moi, j’voudrais t’dire que j’ai d’la chance,

J’n’ai pas comme toi l’mal d’errance…

 

Tu peux m’laisser pour  mutilé

Handicapé, d’la voix volée

Tu peux bien croire qu’j’suis décati

Qu’mes cordes vocales sont englouties…

Moi, j’voudrais t’dire que j’ai d’la chance,

J’n’ai pas comme toi l’mal d’apparence…

 

René DUBOIS

11 septembre 2011

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